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Nom du blog :
interlignes
Description du blog :
jeudi soir 07 08
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
06.04.2008
Dernière mise à jour :
01.09.2008
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Agnès : Ville, maison, lettre

Posté le 05.05.2008 par interlignes
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Félicie

Comme tous les matins du monde, elle s’était activée aux fourneaux. Pendant une brève toilette dans le réduit aménagé dans un coin de sa cuisine, le rideau de courtoisie tiré sur sa nudité, elle s’était rafraîchie.
Elle avait décidé de faire une pause pour écrire à sa fille, partie vivre bien loin de sa belle ville. Finies les promenades au marché les mercredi et samedi à la fraîche. Pourtant quel dommage, elle aimait tant faire le tour de l’église avec sa fille, armée de son caddie à roulettes, prêt à engouffrer les mille et une victuailles qui composaient ses repas quotidiens.
Dieu qu’elle était gourmande cette mémé-là ! L’exercice de l’écriture n’était en revanche pas vraiment son fort. D’une famille plutôt paysanne, œuvrant aux labours dans les contrées à l’est du département, elle avait épousé un gars de la ville et s’était retrouvée, après quelques étapes géographiques, à Bergerac.
Le travail de la terre n’était plus son quotidien depuis fort longtemps. D’ailleurs, ses racines agricoles ne m’ont été connues que très récemment, grâce aux découvertes réalisées aux détours des méandres de la généalogie et de ses richesses.
Fille de la campagne, devenue femme de la ville, elle n’en était pas devenue pour autant intellectuelle et encore moins fine plume ou romancière. Non, ses exercices d’écriture se limitaient généralement à l’édification d’une belle liste de courses qu’elle confiait au grand-père et nous allions tous les deux au Sodiprix, à quelques rues de cette maison de ville où ils habitaient depuis fort longtemps, depuis toujours à mon échelle de petite fille.
En dehors de la liste des courses, la grand-mère utilisait sa plume, enfin plutôt tout simplement son stylo à bille, pour rédiger le prix de sa couture et l’épingler aux vêtements de ses clientes. Mes racines maternelles ne sont donc résolument pas du côté du papier, de l’encre et pourtant, tout comme ceux qui ont la bosse des maths, moi j’ai celle du stylo, sur mon doigt, le majeur de la main droite, à force de guider la bille, la dompter et lui faire imprimer l’encre de mes idées.
Mais revenons-en à la grand-mère. Ce matin-là, pendant que le repas du midi mijotait tout gentiment sur le fourneau alimenté de charbon par le grand-père, elle s’était assise à la grande table de la cuisine. Cette table, recouverte de coloris et dessins changeant au gré de l’usure et du remplacement régulier de sa nappe, étant le point central de maison. On y mangeait certes, tant et tant mais on y passait aussi du temps autour, à discuter, à boire le café ou recevoir des visites.
Ce moment-là du jour en question, la table était devenue bureau, luxueux de grandeur, on doit le dire. Mémé avait sorti son bloc papier ligné. Elle gardait sa petite-fille pendant les congés d’été, comme si souvent. Un mois de vacances, c’est long pour une mère loin de sa fille, c’est long peut-être aussi pour une grand-mère aux petits soins pour sa descendance mais ce n’est jamais assez long pour une gamine ivre de bonheur dans le giron de son aïeule.
Pour calmer l’impatience, tricher de l’éloignement, alimenter le manque de la maman, la grand-mère relatait le quotidien de la petite : grasses matinées, bouillie chaude au parfum de chocolat pour le petit-déjeuner, jeux divers dans la cour, passion pour les travaux de couture exécutés par la mémé ou encore, amusement à observer les pigeons et les serins du pépé. Quelle intéressante occupation de regarder le grand-père parlant à ses oiseaux, leur donner leurs graines quotidiennes, veiller à leur santé : un bol d’eau fraîche pour le bain quotidien, les volatiles s’ébrouant joyeusement, lissant leurs plumes dorées, des gouttelettes ruisselant sur la cire de leurs ailes miniatures.
Lorsque la petite se lassait de ce cérémonial, elle recélait d’autres idées d’occupation que la grand-mère ne manquait pas de relater dans sa lettre. Jeannot le lapin était une de ses passions : ouvrir sa cage, tenter de la caresser car il ne se laissait pas faire le bougre. Et puis, lui donner sa carotte qu’il dévorait de ses grandes quenottes, avec ce bruit de crac-crac-crac, tellement reconnaissable.
Enfin, bien d’autres détails encore pouvaient consteller les lignes du cahier de mémé mais elle allait plutôt à l’essentiel et ne se perdait pas vraiment en digressions. La missive était donc généralement bien vite achevée, le papier fin plié et glissé dans son enveloppe et cachetée.
Et là, tiens, une nouvelle occupation pour la petite : aller au tabac du coin acheter le timbre magique puis glisser l’extrait de sa petite vie dans la fente de la boîte jaune des ptt, vite avant la levée de quinze heures. Ah, on finit par la connaître par cœur cette heure, tout comme on reconnaît le bruit si particulier lorsque le facteur vient à son tour glisser par la fente cette fois de la porte de la grand-mère, les nouvelles tant attendues du reste de la tribu resté au loin, dans cette autre ville qui n’est pas celle de mes vacances.
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Agnès : Photo d'enfance

Posté le 05.05.2008 par interlignes
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Une plage de la côte sauvage, cette grande bande de sable sur l’Atlantique près de Royan. Il fait soleil, c’est l’été. Les herbes hautes sur les dunes sont roussies par le soleil et le manque d’eau. Il y a beaucoup de vent – c’est assez facile de l’observer car les herbes sont courbées, leur sommet emporté si loin de leurs racines par les alizés.
Ce qui permet aussi de sentir ce vent de façon évidente, c’est qu’au premier plan de cette petite photo toute carrée au cadre blanc, ou plutôt jaunie par le temps, il y a une petite fille, la tête ébouriffée.
Vous l’aurez compris, cette gamine-là, c’est moi ! Je vois avoir quelque chose comme 4-5 ans, je crois. Et je suis là, bien face à l’objectif, assez proche du photographe, presqu’en gros plan. Et aujourd’hui, je me demande : « Mais pourquoi avoir pris cette photo ? », car ce que vous ne savez pas, c’est que je ne pose pas pour le plaisir de plaire, même si je regarde bien droit dans l’objectif. Non, je suis là, sur mes deux pieds nus enfoncés dans le sable, mes petites cuisses dodues, un bas de maillot de bain de couleur verte. Je porte un tee-shirt à rayures jaunes et vertes.
Ce brin de gamine, sur fond d’un chaleureux décor propice aux jeux, aux rires et à la détente est figé face à l’appareil. Le haut du corps légèrement penché en avant, les mains posées sur les cuisses, la mine boudeuse : je pleure. Alors, vraiment, quel intérêt d’immortaliser une crise de larmes dans un tel endroit ? Pas besoin de cela pour se rappeler que pleurnicher, sangloter, geindre, larmoyer est quasiment un sport incontournable pratiqué par tant d’enfants.
Aujourd’hui, je suis adulte et cela m’amuse de regarder cette photographie car en fait, je suis simplement incapable de me souvenir la raison de ma moue. En revanche, j’adore l’idée de penser que j’ai été une petite fille terrible, pleine de vie, un véritable petit garnement parce que cette enfant-là n’est pas très loin : elle a juste appris à ne plus pleurer devant l’objectif !
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Agnès : Séance d'essai

Posté le 05.05.2008 par interlignes
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L’enfant habitait en province, en Limousin, très précisément, dans un village appelé Rilhac-Rancon près de Limoges. Que de fois, elle a pu jouer sur les mots qui composaient et compose toujours le nom de ce village, certainement devenu petite ville, voire banlieue de la circonscription de Limoges.
Mais revenons à cette époque-là. Rilhac, pour faire plus court et moins con, est à environ 10 kilomètres de la grande ville. Rilhac, encore petit village, possède son école, son église, quelques commerces, sa salle de sport et tout à côté de cette salle de sport, une ferme. Eh oui, une vraie ferme, une ferme laitière avec des vaches, de belles limousines comme il y en a tant dans les verts pâturages du Limousin. Quel privilège de pouvoir aller chercher le lait encore tout tiède, sorti du pi de la vache, dans la laiterie du village.
Rilhac est certes un village, donc assez petit, mais déjà, les constructions à usage d’habitation avaient fleuri tout autour, en périphérie du cœur de cette bourgade. L’enfant habitait un de ces jolis lotissements. D’ailleurs, ses parents y avaient fait construire leur maison, leur première maison, bien à eux.
Comme le lotissement était à l’extérieur du village, excentré sans en être non plus trop éloigné, le vélo, la bicyclette était un moyen de locomotion souvent utilisé. La plupart du temps, l’enfant s’en servait pour rejoindre ses copines dans le bas du lotissement, pour aller à ses cours de catéchisme le mercredi. Le vélo était aussi le véhicule préféré de la fillette pour se rendre à la ferme. Elle allait très régulièrement à la ferme, cherche le bon lait tiède et équipait son fin destrier d’un panier spécial, arrimé à son petit porte-bagages, dans lequel elle venait placer son bidon de lait. Ce jour-là, la famille était rentrée tard à la maison, tout juste avant la fermeture de la laiterie qui n’allait plus délivrer son lot quotidien de breuvage blanc, l’heure de la fermeture étant arrivée. Elle enfourchait donc vite son vélo, sur les conseils de sa mère sans fixer son panier, prenant juste le bidon au guidon.
Le voyage se passait bien jusqu’à la petite côte à grimper, tout près de sa destination. Et c’est là, que par le hasard d‘un genou venant coincer le bidon contre le guidon, le vélo chavirait et l’enfant faisait un beau soleil, visage, nez et bouche en avant, vers le rugueux asphalte de la route. Son visage étant tout sang, sa bouche qu’elle aimait tant admirer dans le miroir n’était que plaie ouverte et ses jolies et longues dents blanches d’enfant à jamais brisées.
Pour la douceur d’un lait tiède en bouche tant désiré, l’enfant y associait à jamais la tristesse et la douleur d’un visage pour un temps abîmé et une bouche blessée, gourmande d’un lait nourricier si meurtrier en cette fin de journée.
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Régine : Les objets parlent

Posté le 10.04.2008 par interlignes
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Cruella préparait quelque chose depuis plusieurs jours, me délaissant parfois, au point de rester sans bouger, complètement inerte. Le doute et la mélancolie s’emparant de moi, je me demandais ce que j’avais bien pu faire pour mériter un tel châtiment ! Moi la beauté fatale qui l’emmène partout, Dieu que le monde est injuste !
Quand, un matin, elle m’annonça qu’elle allait se séparer de moi, ce fut un choc comme si je ne lui servais plus. Je me rassurais moi-même en me disant que c’était juste de courte durée, et que cela finirait par s’estomper, mais plus les jours passaient plus son détachement se faisait ressentir. Si vous saviez les folles aventures que nous avions menées ensemble : il y eut tout d’abord ses neveux et nièces, qui n’arrêtaient pas de crier pour un oui ou pour un non lorsqu’on les emmenait, à chaque instant c’était le même cirque, quand l’un dormait, l’autre vomissait son quatre heure. Moi qui suis une voiture au demeurant charmante, spacieuse, avec de l’espace pour les passagers, qui assure la sécurité à bord, non, je ne comprends pas, même les stars rêveraient que je les conduise n’importe où.
Et puis, il y avait cette fameuse panne sur la route. Nous roulons tranquillement les cheveux au vent, la musique à fond, la journée venait de commencer quand, d’un seul coup, je me suis mis à toussoter, puis à avancer, à reculer, à sauter sur moi, pour finalement retomber sur le bitume, le capot qui fumait, bref, je vous rassure tout de suite je ne fume pas ! La chance venait de sonner ce jour là, un beau gosse sortit de sa voiture, ausculta le véhicule et commença à dire "c’est la durite" ! Cruella usa de ses charmes pour qu’il puisse nous remorquer, elle sortit une liasse de billets sur le toit de la voiture et, ni une ni deux, le problème était réglé.
Mais mon meilleur souvenir reste cette fameuse course poursuite. Je me souviens, le coin était désert, en plus, ce n’était par un soir de pleine lune, nous étions aux pays des Amerlocs, et alors là, ce ne sont plus des routes, compte tenu de la largeur. N’importe quelle voiture voudrait sillonner ces paysages pour mieux savourer la pédale d’accélérateur, car je ne savais plus ce que ça voulait dire de ralentir ; de plus ce bolide qui faisait le grand jeu, voulait en mettre plein la vue, non mais, vous pensez un instant que cette boîte de sardine m’impressionnerait avec ses soi-disant Turbo collé aux fesses ! Personne ne me fait peur, c’est la raison pour laquelle on me surnomme Rapido ! Tout le monde me craignait ! Pour revenir à notre course, je fonçais tel un nageur qui voulait gagner une compétition, oui je sais, la comparaison n’était pas de taille, mais l’envie de triompher semblait si forte et si prenante ! Le but étant simple, chacun devait faire trois fois le tour, en passant derrière un bidon à chaque passage !
Toute le monde m’encourageait. A plusieurs reprises, la chose se rapprochait de moi, mais tel un chevalier sans peur et sans reproche, je fonçais toujours plus vite. Rien qu’à entendre mes « vroum », vous comprendrez mon tonus de réaction, ma rapidité.
Arrive le dernier tour et, alors là, je donne toute ma gomme. Cruella et moi-même avons pensé « ça va saigner dans les chaumières » et nous fûmes pris dans un élan de vitesse tel que nous avions oublié les essieux qui commençaient à faire du bruit, mais nous avons tenu à aller jusqu’au bout. La chose s’est ruée dans une flaque d’eau, elle en perdit le contrôle de la direction, d’où les grands vainqueurs, quel moment ! Moi je vous le dis : la reconnaissance c’est ce qu’il y a de meilleur. Faut pas oublier dans la vie que nous, les bolides, on est solide, prêt à affronter tous les obstacles qui se dressent face à nous. Cruella est peut être au chaud dans sa voiture, mais moi je subis le froid, le vent, la neige, la pluie, le brouillard, le soleil, pour m’entendre dire au moment de la révision "tout va bien, n’oubliez pas la révision des 60 000 km", tandis que vous les humains, vous êtes plus faibles physiquement, vous attrapez un coup de froid et hop, au lit. Vous voyez la différence, mais vous donnez la joie des moments partagés, il faut avant tout le reconnaître.
Voilà un peu les souvenirs que je gardais en mémoire. Alors voilà le temps de se retrouver dans un autre monde, « la fourrière ». En plus je me retrouve avec mes copains et copines. Même à nos âges, on organisait encore des rallyes avec un trophée à la clé quand le gardien n’était pas là !
Bien sûr, Calamine Jane comptait les points, car c’est tout ce qu’elle savait faire ! N’oublions pas le juge arbitre Wayne, pour départager, car nous n’avons pas, comme au foot, la vidéo pour repasser la série. Tout le monde participe, on a même notre slogan comme les publicités « nous les voitures on assure ». Chacun y trouve sa place, pas besoin de se poser de questions, on est entre nous, on ne se gêne pas, tout le monde est traité d’égal à égal. Sally fait la morale à son Jules qui a les yeux sur la dernière arrivée. Le Big Boss surveille les entrées et les sorties. On peut considérer que c’est un peu comme une famille avec ses hauts et ses bas.
A tour de rôle, on organise les fêtes d’anniversaires, les merguez party en somme. Nous régnons en maître et nous le resterons. Si bon nombre pensait que nous allons nous faire de vieux os, ils se trompent. Il y a toujours quelqu’un qui prend soin de vous, qui se débrouille pour vous aider ou vous épauler. Il vous reste encore à découvrir des choses et vivre pleinement, des folles aventures. Et, croyez moi, foi de Rapido, vous ne serez pas déçus du voyage. Alors, mes amis, en route et que la fête continue !
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Agathe : Ville, maison, lettre

Posté le 06.04.2008 par interlignes
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Cartes de vœux

J’ai tout nettoyé de fond en comble aujourd’hui. Comme tous les jours.
Il me faut finir les cartes de vœux, j’en ai déjà écrit une soixantaine hier pour la famille proche ; il me reste celles des amis, pour la paroisse, le maire, les commerçants… au moins une bonne centaine. Et demain, j’irai à la poste acheter les timbres spéciaux souhaitant la nouvelle année. Je ne sais pas pourquoi je n’arrive pas à m’y mettre. Quelque chose me turlupine. Pourtant, je suis à jour dans ma liste de choses à faire aujourd’hui, il me semble. Mon esprit repasse en boucle les tâches accomplies depuis sept heures ce matin.
Mais il faut m’y mettre, j’ai perdu au moins cinq minutes à repenser à tout ça, et je ne vais pas avoir le temps de finir les cartes aujourd’hui si je veux pouvoir préparer le dîner de ce soir comme je l’entends. Et je déteste être en retard, je déteste l’imprévu en général d’ailleurs, et que l’inspiration me manque pour les cartes de vœux faites maison, ça, ça n’était pas prévu ! Ou alors, je peux peut être préparer le dîner maintenant, comme ça tout sera prêt pour ce soir et j’écrirai les cartes après en attendant mes convives, l’inspiration viendra bien. Mais non, la viande va être trop sèche si je la prépare maintenant. Au moins dresser la table peut être…
Je laisse donc mes cartes en plan - que je déteste ça, laisser quelque chose d’inachevé - mais tant pis pour mes états d’âme, il faut bien être efficace, ne nous laissons pas aller, fichtre ! Pour me retirer cette impression désagréable de fouillis dans ma tête, je prends trois aspirines avant de descendre à la salle à manger.
Contrariée, je remarque quelque chose de changé dans le salon mais quoi ? Un meuble a été déplacé, comment se fait-il que je ne m’en sois pas rendue compte ce matin en passant l’aspirateur ? C’est sûrement Yann qui hier est resté tard à regarder la télévision ; je lui avais pourtant dit d’aller se coucher avant minuit, pour qu’il ne soit pas encore en retard au lycée le matin, comme à son habitude, parce qu’il manque de sommeil et a donc du mal se lever. Il faudrait que je me résolve à le mettre en pension, ça lui ferait le plus grand bien, je n’ai aucune autorité sur lui. Quant à Bruno n’en parlons pas.
Mais de quoi aurions-nous l’air vis à vis des gens ? De parents indignes sûrement. Etre le sujet de commérages du quartier, certainement pas. Tout doit sembler parfait. Euh… que dis-je «tout doit sembler parfait»? Tout est parfait. J’ai la vie dont j’avais toujours rêvé : un mari qui m’adore et qui a un bon salaire, un travail tourné vers les autres et à mi-temps, ce qui me laisse le temps d’entretenir ma maison et ma forme, un fils qui certes traverse une période difficile en ce moment, mais qui fera un gendre idéal pour n’importe quelle famille membre du Rotary Club, une maison parfaite, impeccable et meublé avec goût (le mien), un jardin resplendissant, le tout dans une mignonne petite ville à taille humaine où je connais tout le monde (sans pour autant les apprécier) et où toute la violence que l’on peut voir aux nouvelles le soir n’est qu’un lointain mirage - Dieu nous en préserve !
Mais je m’égare, le temps passe à une vitesse folle, les Gordon arrivent bientôt et rien n’est prêt pour ce souper ! Et ces cartes laissées en plan… J’y retourne, c’est plus fort que moi ; il ne sera pas dit que j’enverrai cette année mes vœux le 2 janvier ! C’est hors de question, c’est d’un commun… de se laisser déborder par le temps, ce n’est pourtant pas compliqué d’être un minimum organisée et de se tenir à ses engagements. Alors… que pourrais-je souhaiter à mes amis qu’ils n’ont pas déjà ?
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Agathe : Expansion personnelle

Posté le 06.04.2008 par interlignes
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The bottes

Il y a quelques mois, je me suis acheté des bottes.
Ca n’a l’air de rien comme ça mais c’étaient les premières.
Depuis le temps que j’en rêvais, d’avoir des bottes de vraie femme (et les jambes qui vont avec, cela va sans dire, mais mon compte en banque n’étant pas assez étoffé pour la lippo -succion, j’ai donc commencé par la première étape : les bottes). En effet, rien à faire, à chaque fois mon mollet – trop musclé sans doute par les longues années d’équitation (hum hum) - y faisait barrage.
Jusqu’à ce que, je tombe nez à nez avec elles, The bottes « of my life », en cherchant tout à fait un autre style de chaussures, ayant définitivement fait le deuil de cette idée saugrenue. Me voilà donc dans un magasin (dont je tairai le nom ici), jetant des coups d’œil furtifs à droite et à gauche comme une voleuse pour essayer Mes bottes, tranquillement sans qu’un vendeur ne vienne m’abreuver de ces judicieux conseils : si j’étais vous, j’opterais plutôt pour des ballerines, vu votre profil - non merci des ballerines ce n’est pas mon rêve ! j’en ai déjà des tonnes vu mon profil (de mollet) justement ! Après les avoir essayés très longuement – et même plus que ça -, comparé avec d’autres (incroyable, plusieurs paires me vont, quelle euphorie !), regardé sous tous les profils, ça y est j’en suis sûre, ce sont elles.
Elles m’ont choisi, enfin pas moi, mon mollet, autant que la réciproque.
En les payant à la caisse, j’ai un sentiment de fierté comme si enfin on (qui d’ailleurs) me reconnaissait le droit d’être une Woman. Finis les « Monsieur, vous désirez ? » au restaurant par un serveur arrivant dans mon dos ou autre « Agathe et les garçons, vous pouvez porter ce meuble, il est vraiment trop lourd » pendant les déménagements ! Maintenant, j’ai des bottes ! Une nouvelle vie s’offre à moi, ce que je n’ai d’ailleurs pas cessé de faire remarquer à chacun de mes amis après cet achat, les obligeant à s’extasier sur ces merveilles, en expliquant comment cet événement allait changer mon existence, qu’avoir des bottes, ça n’était pas seulement avoir des bottes, c’était un état d’esprit, une attitude. Certains restent d’ailleurs sceptiques, de la gent masculine pour la plupart.
Peu importe, avec mes bottes, je suis invulnérable et le monde est à mes pieds !
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