Créer un blog Présentation

Nom du blog :
interlignes
Description du blog :
jeudi soir 07 08
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
06.04.2008
Dernière mise à jour :
01.09.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· 00. Séance d'essai (1)
· 01. Photo d'enfance (5)
· 02. On lui avait pourtant bien dit (0)
· 03. Ville, maison, lettre (5)
· 04. Freins, moteurs (1)
· 05. Les objets parlent (3)
· 05. Marcher au bord (0)
· 06. Expansion (3)
· 07. Le conte (0)
· 08. La nouvelle (1)
· 90. Textes hors atelier (12)

Navigation

Accueil
Livre d'or interlignes
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Agathe : Expansion personnelle

Statistiques



Recherche personnalisée

Derniers commentaires

RSS

Autres blogs à visiter :

· mediationconseil
· milijeali
· kourou
· leblogdisabelle
· tiplouf
· masterdroitduvin
· enfantstrouves
· papadelacite
· clemenceaudupetitmoulin
· enfantsillages

Agathe : Les objets parlent

Agathe : Les objets parlent

Posté le 10.07.2008 par interlignes
.
La nuit d’une péniche à quai

La nuit tombe.
Enfin arrivée à quai, je peux souffler après cette longue journée de navigation le long du canal Saint Martin, aller-retour, aller et retour, aller-retour un nombre incalculable de fois avec à mon bord de stupides touristes.
Qu’ils soient japonais à mitrailler sans cesse, italiens à rire trop fort ou allemands avec leur look ridicule chaussettes-Birkenstock, ils sont tous grotesques à mes yeux. Moi qui ai toujours rêvé du grand large ! Ah ! Etre un fier trois mâts, hissez haut Santiano !
Remarque, c’aurait pu être pire, j’aurais pu être un stupide bateau mouche avec cette hôtesse ringarde qui vocifère à tue-tête l’histoire de Paris 423 fois (j’ai compté !) dans la journée : « et Notre Dame par ci et le Louvre par là… »

Moi, mon propriétaire à eu la décence de prôner le charme français au naturel (et non pas américanisé), c’est en silence que je fends les flots, enfin les flots, c’est beaucoup dire, les poissons crevés et autres détritus plutôt. Mais ne nous plaignons pas, j’aurais aussi pu être un optimiste affecté aux premières classes de voile de petits bourgeois capricieux et, qui plus est, mécontents que papa-maman se soient saignés aux quatre veines pour leur offrir ce stage pour les vacances et donc se vengeant sur moi en maltraitant mon gouvernail et ma voile. J’en ai rencontré un l’année dernière (d’optimiste, pas de petits bourgeois !) chez le réparateur de bateaux Nautiloc, qui m’en a raconté des vertes et des pas mûres. Ceci dit, il avait pu se venger en assénant un coup de baume bien mérité à un garnement effronté. Résultat : il avait écopé d’une peine de deux mois fermes au hangar. Il en était même devenu pessimiste !

Bref, ne nous plaignons pas de notre sort. Profil bas, je ne suis pas si mal lotie surtout en cette belle fin de journée, bien entourée par mes copines à la pompe du coin où nous sirotons notre p’tit gasoil. Il faut dire que nous ne sommes plus beaucoup, alors nous nous serons les coudes. Eh oui, nos ennemies jurées les vedettes parisiennes ont de plus en plus la côte auprès de ces ignares de touristes qui ne comprennent rien à rien. Même Martine, après vingt-cinq ans de bons et loyaux services, a fini au hangar. Sans prévenir en plus, même pas le temps de se dire adieu, pare-battage contre pare-battage. Non au hangar et définitivement cette fois-ci ! Rien que d’y penser, ça me glace le ponton.

Mais songeons à quelque chose de plus gai : la bonne nuit qui m’attend, bercée par le doux clapotis du canal. Je m’assoupis en rêvant à la belle vie de voilier que je pourrais avoir si j’en étais un : fendre les flots, faire le Vendée Globe Challenge ou le tour du monde dans les intempéries avec mon skipper (pourquoi d’ailleurs dit-on « régate en solitaire », je me demande ! En duo plutôt devrait-on préciser ! On ne dit pas d’un jockey qu’il a gagné sa course en solitaire que je sache, non mais !)
Ah ! Franchir la ligne d’arrivée, épuisée au bout de tous ces mois de traversée mais tellement proche d’Olivier, Eric (paix à son âme) ou Titouan, bien plus intimes que leurs épouses d’ailleurs ! Après toutes ces épreuves surmontées ensemble. Mais non, il a fallu que je naisse péniche, c’est pénible ! De quoi j’ai l’air moi avec cette ligne longue et plate ? D’une anorexique, c’est sûr ! Et puis sans voile, ça ne rime à rien, je ne suis pas vraiment un bateau, quelle honte ! Jamais je ne pourrai taper dans l’œil d’un quelconque skipper, voire même d’un original (il y en a tellement de nos jours) ! Qui aurait l’idée saugrenue de faire la traversée de l’Atlantique en péniche. Il y en a bien qui l’ont faite en pédalo ou en planche à voile, alors ! Un peu de courage les gars ! Je ferai le reste.

Bon, bon, ne nous énervons pas, c’est mauvais pour ma tension. Reposons-nous plutôt, histoire de prendre des forces pour la grande traversée, et d’avoir bonne mine pour aguicher un navigateur venu flâner à la capitale entre deux régates, sait-on jamais.

.
.
. . . .. .. .. .. .. .. . . . . .. . .. . . . . .. . .. . . . . . . . .. . . . . . . .



--

Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus