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interlignes
Description du blog :
jeudi soir 07 08
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
06.04.2008
Dernière mise à jour :
01.09.2008
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90 Textes hors atelier

Maelenn : Texte hors atelier

Posté le 01.09.2008 par interlignes
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LA BELLE GROSSE

Je suis une belle femme bien en chair et j’aime être ainsi faite. Mes cuisses charnues font pâlir bien des midinettes fluettes et coquettes. Moi, je préfère les grosses et les hommes qui les acceptent.

Mon corps est fait pour être regardé et touché et pétri, caressé aussi. Il est rond, doux, velouté. Il se contorsionne, se retourne, donne du volume à voir à celui qui regarde, observe ou sculpte. Je suis un corps pour les artistes. Et mon âme, avec eux est entendue, abordée, visitée, revisitée. On m’aime comme je suis, pour ce que je suis ou on ne m’aborde pas. Les autres, ceux qui ne me voient pas ou me fuient, ne m’importunent pas car ils ne m’importent pas. Nous ne nous connaissons pas car nous ne communiquons pas. Moi, ceux que j’aime, justement, ce sont ceux qui rient de moi, qui rient de mon rire gras et de mes rondes fesses, qui rient de voir mes gestes difficiles mais mon sourire enjoué de cette difficulté. Moi, j’aime la vie et c’est ainsi que je le traduis : j’aime manger, rire et baiser. Je trouve des amis, amuse ma famille et ravis mes amants. Que demander de plus ? J’ai la joie dans le sang et j’y pense tout le temps.

Pourquoi ne pas s’y faire, à son corps ? Comme d’un rêve… ? Rêver son corps, c’est rêver sa vie, aimer son corps, aimer sa vie et vivre enfin, quoi. Vivre ! Pourquoi attendre ? Pourquoi attendre et se plaindre, d’un cou trop long, d’un sein en bouchon ? Et se questionner, s’interroger à longueur de journée sur la longueur de son nez… courir les spécialistes, les curistes et se faire redessiner qui la fesse gauche ou la cuisse, qui le ventre rond ou le mollet bedon ?

Mon argent, je le dépense allègrement pour prendre plaisir abondamment. Je me nourris de plaisirs, plaisir de la bouche mais aussi plaisir des sens, plaisir avec les gens, plaisir de l’air du temps tout simplement.

Mon avenir ? Mais il est rose évidemment ! Comment pourrait-il en être autrement ? Je suis une optimiste et j’essaie de communiquer cette vraie boulimie de la vie à toute personne qui vient vers moi en amie. C’est mon travail, ma mission, ma joie, c’est ce qui me nourrit moi aussi. Désarçonner les mauvais penchants pessimistes et déprimés chez les uns, chez les autres, les aider à s’accepter et à s’aimer. Car tout commence par soi, c’est ce que j’essaie de leur faire comprendre : certains m’aiment, même forte, parce que je m’aime moi-même tellement, qu’ils ne peuvent faire autrement.


Exercice Off « Dans la peau de… la statue d’Agnès » - 20mn.
21.08.2008
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Maelenn : Texte hors atelier

Posté le 01.09.2008 par interlignes
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Le trombone

Mon trombone est très spécial. Il est rare, original et vaut cher aux yeux des commissaires priseurs les plus renommés de la place. Et pourquoi ? Parce que, voyez-vous, il est orné de miroirs. Il appartenait à mon grand-père, qui lui-même le tenait du sien et ainsi je le garde bien précieusement en attendant moi aussi de le transmettre…
C’est pourquoi aujourd’hui, pour l’anniversaire d’une Dulcinée que je compte bien un jour embrasser puis épouser, je m’en vais de ce pas en quête d’une magnifique orchidée chez le fleuriste le plus réputé du quartier.

C’est en pantoufles pourtant, que chez elle, j’ai débarqué, avec ma belle orchidée violacée. J’étais tellement dans mes pensées d’enfant et de petits-enfants, qu’en quittant mon appartement, je les avais toujours aux pieds et avant qu’elle ne m’invita à me déchausser, je n’avais de moi-même rien remarqué.

Turlupiné, confus et confondu en excuses, c’est le feu aux joues que j’ai bafouillé tout émoustillé… : C’est pour toi ma Dulcinée, cette belle orchidée du marché ».

Cette histoire fut bien vite oubliée lorsque la Belle m’invita à la suivre dans la pièce à côté. Un merveilleux repas m’attendait sur la table fièrement dressée et je fus ravi d’être invité à déguster, les fins mets de ses douces mains préparés.

Son bel appartement raffiné et soigné, bien tenu donnait sur une grande avenue dont montaient les bruits d’une foule enhardie par l’événement annuel : nous étions le 14 juillet. Coups de sifflets et « bravo ! bravo ! » … toute l’assemblée clamait les militaires au repos.

Le poisson rouge dans son bocal, ne voyant pourtant pas la scène, semblait perturbé, tout agité par cette excitation urbaine. Il faisait les cents brasses en long en large et tout en rond dans son bocal à poissons.

Les réverbères ne tardèrent pas à s’allumer et les guirlandes à s’illuminer, rendant l’ambiance de notre nid approprié à une nuit émoustillée.

Elle me fit lui accrocher son plus beau collier afin que nous descendions dans la rue pour nous aérer. « Point pour nous question d’albumine, ni d’agglutine… laissons seule cette foule qui badine et montons, par la petite rue pavée au fond de l’arrière-cour, bras dessus bras dessous, écouter cette merveilleuse cantatrice dont on nous a parlé.


Ecriture Off – 21/08/2008
15mn. Utiliser les mots écrits par le groupe dans l’ordre suivant du tirage au sort :
Trombone – Miroirs – Orchidées – Pantoufle – Turlupiner – Déguster – Avenue – Poisson rouge – réverbère – Collier – Albumine – Cantatrice
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Maelenn : Texte hors atelier

Posté le 17.07.2008 par interlignes
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Un brin d’herbe

C’était le printemps et j’étais jolie ce jour-là. Je portais une petite robe rouge à pois blancs, et sur l’herbe je lisais une histoire à mon enfant. J’étais allongée sur le ventre, pour mieux être en contact avec la terre, ma mère nourricière. Il était entre nous et c’était mon secret.

Personne encore ne le savait.
Il faisait beau, et un vent frais décoiffait ma tête pleine de rêves. Devant moi un brin d’herbe. Un brin d’herbe parmi tant de brins d’herbe. De l’herbe verte, bien drue, bien belle, tendre et juvénile car nouvelle et pourtant toute dressée vers le ciel, elle qui est si proche de la terre, qui y enfouit ses racines auprès de ses nombreuses copines.

Le brin d’herbe se dresse droit vers le ciel car il est fier, il sait qui est sa mère. Il est fier. Je m’imagine en brin fier, moi aussi et cela me fait du bien. Entre terre et ciel, je m’élève et tends vers l’ultime. Et mon enfant lui-même, ainsi, aussi l’imagine : fier entre son père et sa mère.

C’est mon anniversaire.
Personne, cette fois ne le sait. Ce matin, je suis partie tôt au travail. Le téléphone n’a pas sonné, mon mari ne me l’a pas souhaité, et mon fils est trop petit, a oublié.

Personne ne le sait.
Aujourd’hui c’est mon secret. Secret de bohème. Et dans ma petite robe rouge je joue les gitanes. J’entends l’accordéon au loin dans mes oreilles, mâchouille une feuille de salsepareille. Kusturica me verrait allongée comme ça dans l’herbe du Parc Corbières, dans le petit sous-bois, et il ouvrirait à l’âne, aux chèvres et aux canards. Ils viendraient tournoyer autour de moi et les poules et les oies.

Mais Emir n’est pas là et c’est toi, présent au-dedans de moi que j’imagine bientôt galopant près de moi, ta maman rouge-sang, ta maman à pois blancs. Mon petit, mon tout petit, mon secret à moi seule, je profite de toi tant qu’il est encore temps.

Le secret se délecte : être une maman.

Maelenn
29.05.08

Consigne : « Un brin d’herbe au Parc Corbières » - 15 mn

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Maelenn : Texte hors atelier

Posté le 17.07.2008 par interlignes
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La Résidence d’Agathe

Il était une fois dans une maison au fond des bois, une petite reine, toute petite. Elle avait élu domicile dans la Résidence d’Agathe, nommée ainsi car juchée sur le flanc de la colline de Saint-Germain.

Elle m’avait dit de venir à pied depuis mon village voisin, que ce n’était pas loin.
La coquine s’était bien gardée de m’informer de tous les dangers qui ponctuaient le chemin. En bord de Seine tout d’abord, j’ai vu un chien noir. Celui-ci montrait ses dents et pour l’éloigner j’ai dû crier très, très fort.

Ensuite, un troubadour, sorti de nulle part actuelle, chantant Aznavour et jouant accordéon. Petite bagatelle et grandes bretelles, ne faisant pas dans la dentelle, il m’a dit : « ma belle, que faites-vous par ici par une nuit sans lune ? ». O la coquine, je ne vais peut-être pas la garder comme copine. Ce sauvage emplumé a failli, de moi, ne faire qu’une bouchée. Heureusement à cet instant, un chat noir traversa la chaussée et lui fit si peur qu’il s’envola sur le cheval bleu de Chagall.

Je n’étais plus très loin de toutes façons mais au bas de l’escalier en colimaçon… je fus soudain prise de panique. Monique ! Mon Dieu, panique ! Panique devant l’interphone : je n’ai ni code ni téléphone. Comment joindre ma reine, comment atteindre ma marraine ? Quelle sotte ! Quelle petite tête de linotte ! Bon sang, bonsoir, bonjour… que faire en pareille circonstance ? Mince alors… : Et pas âme qui vive dans ces parages bourgeois, chacun dans son chez soi. Chacun devant sa cheminée ou sa télé, à boire ou à manger, du rosbif ou du thé entre fauteuil et canapé, entre salade et soufflé, entre chaussons et pois cassés, entre amis et ennemis etc. « Les bourgeois et moi, tu vois, c’est clair, je ne les aime pas ! » Mais enfin le problème n’est pas là.

Comment crier « Ma reine » dans cet environnement hostile où tout est joli et tranquille ? Je n’ose pas. Pourtant il va bien falloir trouver une solution. Et vite. Je n’ai nulle envie de coucher dehors même si ici le lieu semble sécurisé. Tellement sécurisé qu’on ne peut, au chaud, aller se réchauffer. Bon sang de bon sang ! Et moi qui réclame tout le temps : « mais viens toi pour une fois ! » Pourquoi n’ai-je pas insisté davantage cette fois ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Il me faut bien m’y résoudre : avec ces nouveaux digicodes, il faut ne nom et le code. Mais elle s’est mariée la semaine passée avec un type que je n’aime guère. Comprenez-moi : je n’ai eu aucune envie de retenir son nom. Dagobert, Norbert, Denfert, Camembert. Non ça suffit ! Décidément, je crois que je vais crier. Il commence à faire froid. Mon taboulé a froid autant que moi.
Et moi et moi et moi, je n’ose pas. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Cette histoire avait bien commencé et me voilà plantée là. Ma reine ô ma reine, comment me sortir de ce faux-pas ? Dormir à la cave ? Retourner chez moi ? Demain, c’est sûr, j’irai à la boutique SFR, ne plus me laisser faire par les idées de ma mère : les portables niquent les oreilles et le cerveau entre les deux. Non, c’est terminé, il faudra bien lui avouer ce que j’ai décidé. Bon, on verra ça plus tard. En attendant, il faut crier, mais je n’ose pas. Si j’étais chez moi, si j’étais elle, je regarderais par la fenêtre si je ne suis pas déjà là, si je n’arrive pas, je guetterais. Mais elle non. Elle non, elle ne peut pas. Elle ne veut pas plutôt. Je suis sûre qu’elle a dû s’allonger bien tranquillement dans son douillet canapé beige en cuir, rapporté d’Algérie par bateau lors de son dernier voyage en cargo. Elle adore voyager en cargo. C’est son idée à elle, sa façon d’être originale. Il faut dire qu’elle n’est pas banale ma marraine. Au moins je sais qu’elle m’aime. De chaque voyage un superbe cadeau elle me ramène.

Son salon rassemble tous les pays qu’elle a traversés, visités, explorés, étudiés, parcourus à vélo ou à pied, sur route ou escaliers, à dos d’âne ou en voilier, elle a rapporté un meuble en bois d’ébène, un autre en acajou, des tableaux, beaucoup de tableaux, de la barque sénégalaise débordante d’africains colorés au sobre petit village vietnamien tout en gris dessiné, de la baie de St Malo que l’aquarelle fait pleurer au masque congolais rigolo, une sculpture aussi sur le buffet et la nappe sur la table. Tout chez elle donne le la du départ, le goût du voyage, de l’aventure. Ma petite reine, je n’ai plus froid, je te vois dans mes yeux, dans mon cœur, dans mes souvenirs, dans mes mots, dans tes choses, dans tes objets et demain j’aurai oublié que je n’ai pas osé crier. Et demain j’aurai oublié que je n’ai pas voulu te réveiller.

Tu dormais sans doute si bien dans ton beau canapé, bien beige et bien douillet, en cuir retourné d’Algérie. D’Algérie. D’Algérie, mon pays, que je me suis prise à rêver et chez moi, à pied m’en suis retournée.

Maelenn
29.05.08
Consigne :

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Agathe : Texte hors atelier

Posté le 10.07.2008 par interlignes
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Vie et mort d’un petit pois

Je suis dans le noir, tout serré contre les autres. Beurk, je déteste ça !
Etre serré contre de parfaits inconnus qui me suintent dessus. Heureusement qu’on est dans l’eau, je ne différencie pas la transpiration des autres, de l’élément aquatique dans lequel nous nous trouvons.

Je sais que je suis censé être un numéro parmi d’autres, mais là c’en est trop, c’est plus que je ne peux supporter.

En plus, je me retrouve coincé contre le rebord métallique qui me glace jusqu’à la chlorophylle.

Soudain, un bruit assourdissant et répété, des vibrations qui se propagent dans l’eau, puis je fais la culbute cul par-dessus tête, toute l’eau se vide, c’est un tsunami ma parole, j’étouffe !

Je me retrouve en tas avec d’autres étrangers qui me ressemblent et, tiens ça c’est incroyable alors, une carotte ! Maman m’avait bien dit que c’était possible d’en rencontrer, mais dans ces circonstances, je n’aurais jamais cru ça ! Elle n’a pas l’air d’être dans son assiette non plus, la pauvre. Elle semble effrayée.

J’entends une porte qui s’ouvre puis se referme pas loin et là, lumière aveuglante, vague de chaleur étouffante qui s’abat subitement, devenant rapidement insoutenable, la carotte hurle.

Et juste avant d’exploser, je revois ma vie défiler en entendant le « ding » du micro-ondes.

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Agathe : Texte hors atelier

Posté le 10.07.2008 par interlignes
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Les tribulations d’un brin d’herbe au parc Monstouris

Brr, il fait froid ce matin, je suis tout mouillé. Marre de cette rosée matinale, pourquoi serait-on obligé de prendre sa douche tous les jours ?
Je suis le premier debout comme d’habitude, comment les autres font-ils pour rester assoupis avec cette température presque qu’antarticque ?
Heureusement, le soleil se lève mais je me rappelle très vite avec panique qu’on est mercredi aujourd’hui !
Les enfants vont débouler, il faut se préparer !
Eh ! Oh ! Réveillez-vous, Papa, Maman, Jeannot et Martine, les copains…
Ah ça y est voilà Jeannot qui ouvre un œil, Martine s’étire, Papa fait ses pompes comme tous les matins : un vrai malade celui-là, dès le réveil !
Et Maman prépare le p’tit déj pendant que moi je ne fais rien. Enfin rien, si je grommelle, je ne suis pas du matin qu’est ce que j’y peux !
En plus, je déteste les petits déjeuners en famille où tout le monde jacasse, est à fond dès le matin, c’en est à un point que l’année dernière, pour mon anniversaire, tout le monde m’a chanté « Déjeuner en paix » de Stefan Eicher ! C’est malin ! Evidemment, ça ne m’a pas fait rire du tout : pourquoi devrait-on toujours afficher un sourire radieux ?

Enfin bref peu importe… quel est mon programme aujourd’hui ?
Retrouver les copains après le p'tit déj pour établir un plan d’attaque (ou plutôt de défense !) pour le match de foot qui aura certainement lieu cet après-midi.
Et nous on déteste le foot, ça nous tasse voire même pour les moins chanceux ça nous cramponne !

Tiens voilà Emilie la fourmi qui me chatouille…
J’éternue pour la chasser mais elle n’est pas dupe.
Bon à la rigueur, une fourmi mais l’autre jour je suis restée emberlificotée dans la toile de Dédé ! Avec un moucheron qui agonisait en plus, beurk !
Je suis interrompu dans mes pensées par un bruit sourd qui se rapproche petit à petit.
Avant que je ne comprenne ce qu’il se passe, tout le monde se met à hurler et ma sève se fige : la tondeuse !

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Agathe : Texte hors atelier

Posté le 10.07.2008 par interlignes
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Capharnaüm

C’était un vrai capharnaüm, cet appartement.
Des objets de toutes sortes s’y entassaient pêle-mêle : statues africaines, maquettes de voiliers, peintures bretonnes et croûtes de l’arrière grand-père… De toute évidence, les propriétaires de ces lieux aimaient les choses, le surplus.
On n’aurait pas cru, pourtant, en arrivant dans le parc de cette résidence si calme, si propret au milieu des oiseaux qui gazouillent, qu’on pourrait se retrouver dans une sorte de no man’s land où là tout n’était pas qu’ordre et beauté bien que luxe et volupté.
On n’aurait su dire combien de personnes vivaient sous ce toit tant les objets et meubles qu’on pouvait y trouver étaient de style si divers presque hétéroclites : un fauteuil Louis XVI était recouvert d’une tenture africaine, des meubles mongols trônaient dans l’entrée et si jamais un invité – impudent et imprudent - s’avisait de douter de leur provenance, il lui suffisait d’ouvrir un tiroir pour être submergé par une odeur de yak mélangée à celle du lait fermenté, typique de cette contrée lointaine.

D’ailleurs, en entrant, le visiteur aurait pu se sentir étranger, en « terra incognita » tels les premiers colons. Pour ceux d’entre eux pour qui ordre et propreté étaient primordiaux, deux sortes de réactions étaient possibles : soit telle une proie face à son prédateur, prendre ses jambes à son cou sans demander son reste, soit estomaqué dans un premier temps par ce pathétique spectacle, se ressaisir rapidement et être pris d’une frénésie de rangement à laquelle sa politesse lui intimait de ne donner libre cours qu’une fois rentré chez lui.
Il y avais aussi les vicieux machiavéliques qui demandaient justement à leur hôte s’il n’avait pas là tout de suite un plan de Paris, le dernier DVD de Gad El Maleh, un parapluie, l’annuaire, toutes sortes de choses parfaitement inutiles mais qu’il était fortement improbables que leur hôte retrouve dans un temps jugé acceptable et qu’il était si amusant de le voir s’escrimer à chercher, sûr qu’il l’avait vu là la dernière fois :
« Mais j’en suis sûr pourtant je l’avais posé là ! ».

Le pire étant la chambre à coucher, où souvent il était impossible de voir le sol (était-ce de la moquette ? du parquet ?) jonché d’habits et de papiers d’importance variable (déclaration d’impôts, publicité La Redoute, factures, bulletins de salaire…). Quant aux placards et aux tiroirs, ils étaient très ordonnés puisque vides ! On pouvait imaginer l’autochtone hésitant entre plusieurs tenues mais laissant finalement les choses là où elle les y avait mis en dernier, tout simplement, c’est à dire au sol, ce qui fait qu’à la fin de la semaine, tout son placard était à l’extérieur de celui-ci justement.

On n’imagine pas suffisamment les bénéfices secondaires comme disent les psys de cette incroyable technique dite du laisser-aller, le principal étant le bonheur de retrouver un objet cher que l’on croyait perdu depuis si longtemps déjà, comme cette boucle d’oreille coincée entre matelas et tête du lit depuis des mois.
Les principaux inconvénients de cette technique par contre étant qu’il était difficile de se rendre compte en un clin d’œil de sa garde robe et également de se déplacer sans se faire un tour de rein ou une élongation dans cette chambre pour éviter de marcher sur un CD (aïe !). En bref vivre ici c’était du sport !

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Agnès : Dali du hasard

Posté le 05.05.2008 par interlignes
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Dali du hasard

Si j’étais un peintre, je serais Dali,
Si un sourire je voulais peindre, la bouche remonterait jusqu’aux oreilles,
Si la profondeur de l’âme je voulais saisir, je dessinerais un œil grandiose,
Si la tristesse je souhaitais exprimer, un filet de larmes coulerait de cet œil le long de la joue,
Si le menton de ce visage devait être plutôt proéminent, il atteindrait un parallèle bien en-deça du cou,
Mais je ne suis ni peinture, ni encore moins Dali,
Juste la semeuse de sept graines qui ont fait germer la créativité de cinq comparses.
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Agnès : Sons identiques

Posté le 05.05.2008 par interlignes
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Bidibule, qui déambule, chaussé de mules, se perd dans ses bulles de pensée.
Jeune garçon échevelé, tout ragaillardi, vient de quitter son foyer.
Le bonheur n’était pas d’humeur au cœur de sa demeure.
Il n’avait pas le cœur triste ; plutôt l’allure alerte au contraire.
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